Dévoluy : le Grand Ferrand et le Rocher Rond
Avec l’été indien qui s’éternise, une sortie sur un week-end s’imposait. Pour la destination, nous voulions un endroit sauvage, pas trop haut en altitude, et évidemment accessible en transports en commun. Résultat : direction le Dévoluy !
Introduction
Nous allons donc partir de Grenoble jusqu’à Lus-la-Croix-Haute avec un bus TER (la ligne Grenoble-Gap étant en travaux). Nous partirons avec les vélos afin d’accélérer l’approche jusqu’au hameau de la Jarjatte. De là, nous monterons au Grand Ferrand, avec le ferme objectif de faire la traversée jusqu’au Petit Ferrand, de redescendre au Col de Drouillet, et peut être même allonger la balade jusqu’à la Tête de l’Aupet. A moduler en fonction des conditions, de la motivation et de la vitesse de progression…
Dans tous les cas, nous prévoyons passer la nuit dans une des trois cabanes, situées plus bas sur le plateau du Dévoluy, vers 1500 mètres d’altitude.
Le lendemain, l’objectif principal reste le retour aux vélos et sur Grenoble. Pour éviter un retour trop facile, nous prévoyons monter au Rocher Rond, et pourquoi pas poursuivre sur la crête de la Rama jusqu’au Col des Aiguilles, avant de redescendre sur la Jarjatte. Les horaires des bus de retour étant à 14h30 et 18h30, il nous faudra calculer notre itinéraire en fonction !
Samedi
Arrivés à Lus-la-Croix-Haute vers 9h50, nous enfourchons directement les vélos pour parcourir les 7 km qui nous séparent de la Jarjatte. La route est en faux plat montant, parfait pour faire du vélo avec un gros sac de randonnée ! Arrivés sur place vers 10h30, nous laissons les vélos au lieu dit des « Granges des Forêts », attachés à un arbre.
Nous montons d’abord au Col de la Croix, qui offre déjà un beau panorama sur la crête du Dévoluy et sur notre objectif, le Grand Ferrand. Puis c’est le Col des Aurias que nous franchissons, avant de longer les premiers pierriers de la Tête du Lauzon. Nous passons en contre-haut du Lac du Lauzon en direction du Col de Charnier, d’où nous découvrons un panorama intérieur sur le Dévoluy…
Pour être complet, nous nous dirigeons vers la Tête de Vallon Pierra, en coupant tout droit. Il aurait mieux valu continuer dans le vallon, car la progression dans le pierrier est plutôt pénible… La vue depuis le sommet nous fait rapidement oublier les efforts de la montée.
Après une magnifique crête partiellement enneigée, nous atteignons le pied de la montée au Grand Ferrand. Il s’agit là aussi de monter dans du pierrier, mais une trace bien visible serpente et rend la progression facile. Sans difficulté, nous arrivons au sommet. Il est 14h00.
Les choses sérieuses commencent… Nous poursuivons sur la crête du Grand Ferrand, avant d’être stoppés par des falaises sévèrement verticales. Il n’est pas si facile que cela d’accéder au Petit Ferrand depuis le Grand… Bientôt, nous découvrons l’issue : il faut passer sous une arche, elle même située dans un chourum, ces cavités naturelles fréquentes dans le Dévoluy.
La pente est forte, mais une fois dans le chourum, nous sommes protégés. Il y a déjà beaucoup de neige en cette fin d’octobre : les chutes précédentes n’ont pas fondu et se sont accumulées. Il s’avère que le passage sous l’arche est tout en glace, et nous n’avons vraiment pas emmené de matériel d’alpinisme… Nosu jugeons plus prudent de renoncer.
De retour au sommet du Grand Ferrand, nous décidons de redescendre par la crête de l’Étoile. La progression est facile, jusqu’à une tête d’accès plus difficile et dont l’extrêmité E est un peu trop verticale… Encore une fois, nous faisons demi-tour.
Nous trouvons finalement une issue en piquant en direction d’une bèche. Nous verrons seulement le lendemain que c’était la seule issue possible ! En bas, il est déjà tard, et la lumière du soleil décline. Il devient temps de trouver la cabane pour la nuit !
Enfin, vers 17h00, nous arrivons à la cabane du Pra de l’Aup. Cette cabane est apparemmentent mise à disposition du public par une association de spéléologie. Merci à eux ! La cabane est en excellent état et très accueillante. Un petit poëlle et une réserve de bois permettent de faire du feu, ce dont nous nous sommes passés en cette chaude nuit de novembre !
Qui sait quelles difficultés nous aurions rencontré si nous avions réussi à traverser jusqu’au Petit Ferrand ? La descente du Petit Ferrand au Col de Drouillet nous aurait peut-être pris plus de temps que prévu, et la nuit aurait pu nous surprendre… Bref, lorsque les difficultés se dessinent en montagne, ne pas hésiter à faire demi-tour, pour mieux remettre la partie à plus tard ! Pour information, la montée hivernale en ski de randonnée par le Chourum Olympique, ça se fait…
Dimanche
Nous avons finalement décidé de tenter le bus de 14h30 à Lus-la-Croix-Haute. Pour arriver à temps, nous nous réveillons à 6h00, pour un départ à 7h00 au lever du jour. Nous ne ferons pas la crête de la Rama, ce qui nous prendrait trop de temps, et nous nous contenterons juste d’une montée au Rocher Rond. La redescente par les Clausis s’annonce possiblement incertaine. Nous verrons bien !
Après une approche hors-chemins depuis la cabane du Pra de l’Aup, nous passons la cabane du Chourum Clot et tirons tout droit dans la montée du Rocher Rond. Cette fois, nous longeons la crête pour éviter la montée pénible dans le pierrer sous le sommet.
La montée est plutôt longue, mais nous offre une vue magnifique sur le plateau intérieur du Dévoluy et sur les sommets avoisinants : du Grand Ferrand à l’Obiou, mais aussi la Tête de Plate Longue et le Rocher Courbé tout proches, ainsi que les Montagnes du Faraut et le Pic de Bure.
Après le sommet, nous descendons droit sur le premier pas, qui permet d’accéder au ravin des Clausis. Dans la descente du pas, un chamois passe en courant dans le pierrier au dessus de ma position
Plus bas, après nous être engagés dans le lit du torrent (qui n’est autre que le Buëch), nous devons faire demi-tour en raison du vide qui nous fait soudain face… Après une remontée sur le flanc N du ravin des Clausis, nous trouvons finalement une issue de descente.
Nous retrouvons les vélos vers 13h00 et commençons la descente vers Lus, un peu tristes de redescendre si tôt ! Mais déjà, la luminosité baisse et nous rappelle que nous ne sommes plus en été !
À Lus, nous mangeons des fruits et légumes achetés au marché en attendant le bus. Un premier bus, bondé, passe vers 14h30. Il n’y a plus de place, mais un second bus devrait arriver bientôt. Effectivement, dix minutes plus tard, voici notre bus ! Vivement que la ligne du train soit rétablie.
C’est la fin de cette petite parenthèse en Dévoluy, où il reste beaucoup à explorer : la crête de la Rama, le Grand Ferrand à ski de randonnée par le Chourum Olympique, la crête du Dévoluy jusqu’à l’Obiou… Il faudra revenir !

Un gros bravo pour toutes ces aventures écologiques!
C’est un bel exemple que vous donnez!
Il faut que les comportements changent: assez de voitures, assez de dioxyde de carbone! Si chaque être humain avait sa propre voiture, la Terre ne serait plus qu’une gigantesque poubelle sur le point d’imploser! Outre le bénéfice pour la nature, pratiquer l’écologie comme vous le faites, c’est se réconcilier avec une forme de poésie. Je vous dis donc bravo, et je vous souhaite de continuer comme ça.
Merci Matthieu,
Oui, nous sommes absolument convaincus qu’aller en montagne, c’est non seulement possible, mais aussi accessible au plus grand nombre grâce à l’utilisation des transports en commun.
C’est vrai, tout le monde ne peut raisonnablement pas avoir de voiture… Je suis de ceux là ! Je rêve également d’un réseau de transport en commun comme celui de la Suisse, où tout village et même hameau est desservi soir par le train soit par les car postaux…
Tu as tout à fait raison, réaliser l’approche en montagne en transport en commun ou à vélo procure un grand sentiment de satisfaction et de liberté.
Pour la suite, nous entendons bien aller toujours plus haut et toujours plus loin, en transports en commun, mais aussi et surtout à vélo, en partant de Grenoble, du bas de chez nous… Nous mûrissons des projets à peine raisonnables, aussi bien aux alentours de Grenoble que dans les Alpes entières… A bientôt pour le récit de nouvelles aventures !